Jeudi 18 décembre, au Tap, rencontre avec André Marcowicz, traducteur de Hamlet, pour la mise en scène de Claire Lasne, Monique Farisy
Cet après-midi, pas de répétition - un changement de lieu pour les comédiens en est la cause - mais une rencontre avec le traducteur de Hamlet, André Marcowicz, nous est proposé, dans la salle à manger des comédiens.
C'est un homme en ébullition, très actif intérieurement, le visage enfantin, les yeux fiévreux, qui parle.
Les questions sont classiques : "est-il difficile de traduire Hamlet ?" ou bien "faut-il connaître la langue du XVIe siècle en français pour traduire une oeuvre du XVIe siècle en anglais ?"
En revanche, les réponses le sont moins.
En revanche, les réponses le sont moins.
"Non, Shakespeare n'est pas difficile. En raison du contexte de cette époque, qui offre des références claires. C'est plus difficile de lire un journal aujourd'hui..."
La langue du XVIe ? "Et vous, lisez-vous Rabelais, ou Montaigne dans la langue de l'époque. Si fait."
Mais c'est surtout la question sur la fidélité au sens qui fait réagir notre traducteur : "je ne sais pas ce que signifie être fidèle, ni ce que signifie sens. Fidèle fait partie du vocabulaire moral. Et le sens, cela change en fonction des personnes... Cela ne veut rien dire. Ce qui compte, c'est l'échange avec le lecteur, l'acteur. Il y a dix ans, j'ai traduit Hamlet. C'était ma première traduction de l'oeuvre de Shakespeare, je suis spécialisé en langue russe. Mais ce que j'ai traduit il y dix ans, je l'ai modifié. L'acteur actuel d'Hamlet n'avait pas compris ma traduction précédente."
Ces réponses peuvent déstabiliser mais ce qui transparaît dans cette recherche est vivant.
Enfin, la fameuse interrogation "Etre ou ne pas être" offre une réponse très significative de la personnalité d'André Marcowicz, qui préfère ouvrir des questions que de donner des réponses : "C'est le point central, le vrai mystère métaphysique de la pièce. Mais pour moi, ce qui compte c'est la suite, le contexte. La pièce se structure autour de la question, de la nature et du doute." Sans ce contexte, l'interrogation ne veut rien dire donc.
Un regard original qui renouvelle notre lecture d'Hamlet en nous forçant à nous interroger de nouveau.
Monique Farisy
Monique Farisy
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