Rencontre avec André Markovitch le 18 décembre 2008, Claudine Terny
Ce jeudi 18/12, pas de répétition : les techniciens sont en train d'installer les décors d'Hamlet sur le grand plateau (Nous les avons aperçus : quel travail ! quels mécanismes scéniques !) La troupe prendra donc ses vraies marques dès demain et nous aurons le plaisir, mardi prochain, de les voir évoluer dans cet espace impressionnant.
Pas de répétition mais une rencontre intéressante avec André Markovitcz, l'auteur de la traduction d' Hamlet choisie par Claire Lasne-Darcueil.
Ce qui me frappe, tout de suite, c'est la simplicité de ce professionnel qui ne se comporte pas du tout en "grosse tête". (D'ailleurs, la plupart des personnes croisées jusqu'à maintenant dans le cadre de cette expérience ont ce comportement très sympathique.) Sans complication, il s'assied dans notre petit cercle constitué de 10 "témoins" accompagnés par Corinne et commence à parler de son travail. Certains de ses propos nous interpellent ; par exemple : "Le sens n'existe pas" ou : "C'est plus facile pour nous de comprendre Shakespeare en anglais que pour un étranger de lire Libération " ; ou : "Fidèle [au texte], je ne sais pas ce que ça veut dire" ; ou encore : " To be or not to be ; ça ne veut rien dire"… Mais ce ne sont pas des paroles en l'air ou des provocations ; il commente volontiers et avec conviction chacune des formules qui nous étonnent et pour nous convaincre tout à fait, il nous propose de traduire avec lui les toutes premières lignes d'une scène : la démonstration est vite faite de la multiplicité des ressentis possibles et donc de la nécessité de choisir une interprétation, c'est-à-dire des mots ET un sens, pour lui absolument inséparables.
André Markovitcz nous ouvre des pistes de réflexion sur son travail de traducteur –passionnant, à l'entendre - et sur la "vie" des textes anciens qui, contrairement à ce qu'on croit souvent à l'école, ne doivent pas être figés : ce matin même, il a retravaillé quelques passages de sa traduction avec les comédiens !
Personnellement, je suis ravie du temps que nous avons passé avec lui – au fait, quelle heure est-il ?
Claudine Terny