Répétition du 23 décembre 14h 17h, Marie -Hélène Plaçais
Dans la grande salle de théâtre, enfin, pour la première répétition à laquelle je peux assister.
Veille de Noël, la foule, le bruit, les illuminations. Contraste. Je viens là, hors du monde, entendre parler du monde :
Claire Lasne Darcueil nous a conviés à une autre fête : celle de la création à 20 jours du début des représentations. Témoins invités, elle nous accueille chaleureusement.
Aujourd’hui c’est la scène 1 de l’acte 5 qui est travaillée. Nous y retrouvons les fossoyeurs qu’André Marcowitz avait fait vivre, pour notre petit groupe, à travers sa réécriture du texte lors de la rencontre de jeudi dernier.
Pendant trois heures, un concert étonnant d’essais, reprises et enchaînements.
Chaque intervenant décline sa partition, ponctuée par les interruptions fréquentes de la metteur en scène, douces mais fermes. Elle indique les consignes à chacun, pianiste-interprète, créateur lumière et acteurs, qui apparaissent et disparaissent au gré de l’action, portant leur texte, leur chanson par leur voix et leur corps avec, à chaque fois, le même engagement, la même énergie.
Claire L. se déplace auprès d’eux, pour expliciter en particulier, presque en privé, ses demandes ; protectrice avec ses acteurs elle impose en même temps un rythme exigeant. Cette alternance constitue pour nous privilégiés, un spectacle en soi préalable à l’objet final.
Seul le faucon est rétif à l’ordonnancement « Il a raté son audition !! Dites lui que je lui écrirai » plaisante Claire.
En repartant dans la vie, la vraie…. ? Les images, les sensations se bousculent.
Certaines vont m’accompagner pendant quelques jours …
La tache rouge de la robe du fossoyeur, sur le caveau gris minéral. Le bleu –argent, craquant, cassant du linceul de la dépouille d’Ophélie, magnifique marionnette, mise au tombeau. La douleur de la mort mise en jeu par les acteurs. La douceur de la voix d’Hamlet : « Ophélie, je l’aimais….. »
Marie-Héléne Plaçais